Après un accident de la route en Belgique, six étapes protègent vos droits : sécuriser et alerter, faire constater (constat amiable ou police), déclarer à votre assureur, faire établir un certificat médical initial, ne rien signer trop vite, puis vous faire assister pour l'expertise. Chaque étape manquée se paie au moment de l'indemnisation.
Étape 1 : sécuriser et alerter
Mettez-vous en sécurité, balisez les lieux et appelez le 112 s'il y a des blessés. Si une personne est blessée, l'intervention de la police n'est pas une option : elle établira un procès-verbal, pièce essentielle de votre dossier.
Étape 2 : faire constater l'accident
Sans blessé grave, remplissez un constat amiable complet : croquis, circonstances, dégâts visibles, coordonnées des témoins. Ne reconnaissez rien que vous n'avez pas vérifié. En cas de désaccord ou de délit de fuite, appelez la police et notez tout ce que vous pouvez (plaque, marque, témoins, photos).
Étape 3 : déclarer l'accident à votre assureur
Déclarez l'accident au plus vite, dans le délai prévu par votre contrat. Si vous étiez piéton, cycliste ou passager, vous êtes un usager faible : l'assureur du véhicule impliqué doit indemniser vos dommages corporels, sans débat de responsabilité.
Étape 4 : voir un médecin, même sans blessure apparente
Consultez rapidement et faites établir un certificat médical initial décrivant toutes les lésions, même minimes. Certaines lésions se révèlent après quelques jours — le coup du lapin en est l'exemple classique. Conservez ensuite tout : certificats, attestations d'arrêt, factures, justificatifs de frais et de déplacements.
Étape 5 : ne rien signer trop vite
Une offre rapide de l'assureur est rarement une bonne offre : le montant proposé se discute toujours, et une quittance signée ferme le débat. Si vos besoins sont immédiats, demandez une provision : c'est une avance qui ne solde rien.
Étape 6 : préparer l'expertise et la consolidation
C'est l'expertise médicale qui fixera vos postes de préjudice jusqu'à la consolidation. Ne vous y rendez jamais seul face au médecin de l'assureur : un médecin expert de victimes indépendant défend votre évaluation. La permanence de l'UBAV peut vous orienter gratuitement vers un médecin expert ou un avocat.
Questions fréquentes
Je n'ai pas de blessure apparente : dois-je quand même consulter ?
Oui. Certaines lésions, comme le coup du lapin, se déclarent après quelques jours. Sans certificat médical initial, il sera difficile de rattacher ces lésions à l'accident.
La police n'est pas venue : mon dossier est-il perdu ?
Non. Le constat amiable signé des deux conducteurs fait preuve entre les parties, et les témoignages, photos et caméras peuvent compléter. Vous pouvez aussi déposer plainte ensuite si les circonstances le justifient.
Je suis en tort : ai-je droit à quelque chose ?
Vos passagers sont indemnisés dans tous les cas (usagers faibles). Pour vos propres blessures, tout dépend de votre contrat : une garantie du conducteur peut vous couvrir même en tort.
Combien de temps ai-je pour me faire indemniser ?
Déclarez sans attendre, mais sachez que le dossier corporel reste ouvert jusqu'à la consolidation, et qu'une aggravation permet de le rouvrir même des années après. Ne laissez cependant jamais traîner les preuves : elles disparaissent vite.
Rubrique supervisée par Valentin Papet, président de l'AVF — notre méthode éditoriale · Dernière mise à jour : 25/08/2026



