L'adaptation de la voiture au handicap est un poste de préjudice à part entière : lorsque les séquelles d'un accident rendent la conduite difficile ou impossible, l'aménagement du véhicule — et son renouvellement à vie — doit être pris en charge dans l'indemnisation. C'est l'un des postes les plus souvent sous-évalués, car la capitalisation du renouvellement est fréquemment oubliée.
Quelles adaptations de la voiture sont possibles ?
Les aménagements dépendent du handicap : boîte automatique pour éviter de passer les vitesses, commandes au volant (accélérateur, frein), direction assistée renforcée, siège pivotant, rampe ou véhicule agrandi pour embarquer un fauteuil roulant. L'annexe 7 de l'arrêté royal du 23 mars 1998 dresse une liste des adaptations en fonction des différents handicaps. La victime a tout intérêt à se documenter sur l'ensemble des possibilités correspondant à ses séquelles avant l'expertise.
Le rôle du CARA
Le CARA (département de l'institut Vias) évalue l'aptitude à la conduite des personnes dont les capacités sont diminuées et détermine les adaptations du véhicule et les conditions à faire figurer sur le permis. Son passage est l'étape de référence pour objectiver, dans votre dossier d'indemnisation, ce que votre état impose comme aménagements.
Qui paie l'adaptation du véhicule ?
Dans un dossier avec tiers responsable, ce poste fait partie de la réparation intégrale du préjudice : il se réclame à l'assureur, sur la base du rapport d'expertise médicale. Deux règles à ne pas perdre de vue :
- le renouvellement se capitalise à vie : un véhicule adapté doit rester récent et fiable — son remplacement est généralement prévu tous les 5 ans, et chaque adaptation (boîte automatique comprise) devra être renouvelée. La réclamation doit donc capitaliser ces coûts futurs, pas seulement le premier aménagement ;
- rien n'est automatique : un poste non réclamé n'est pas indemnisé. Faites chiffrer précisément les aménagements par des devis et faites-les acter par le médecin expert — un médecin expert de victimes indépendant vérifiera que rien n'est oublié.
Ce poste complète les autres aménagements du quotidien : voir aussi le logement adapté et les aides matérielles, et la liste complète des postes de préjudice corporel.
Questions fréquentes sur le véhicule adapté
L'assureur doit-il payer l'adaptation de ma voiture ?
Oui, si un tiers est responsable de l'accident : les frais de véhicule adapté sont un poste de préjudice de la réparation intégrale. Encore faut-il les réclamer, devis à l'appui, et les faire acter à l'expertise.
Qui décide des adaptations nécessaires ?
Le CARA (institut Vias) évalue l'aptitude à la conduite et détermine les adaptations et les conditions portées sur le permis ; l'annexe 7 de l'arrêté royal du 23 mars 1998 liste les adaptations par type de handicap.
Le remplacement futur du véhicule est-il indemnisable ?
Oui : le véhicule adapté doit rester fiable, son renouvellement est généralement prévu tous les 5 ans, et ce coût récurrent doit être capitalisé à vie dans l'indemnisation. C'est l'oubli le plus fréquent de ce poste.
Et si je ne peux plus conduire du tout ?
Le préjudice se déplace : frais de transport, aménagement d'un véhicule conduit par un proche, aide d'une tierce personne pour les déplacements. Ces postes doivent alors être chiffrés à la place de l'adaptation de la conduite.
Rubrique supervisée par Valentin Papet, président de l'AVF — notre méthode éditoriale · Dernière mise à jour : 25/08/2026



